Le rapprochement actuel entre luthériens et réformés
10 Leçons-débats animés par Nicola Stricker,
à partir du 12 février 2008

Le 8 avril 2008

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Quelles sont les conséquences éthiques et politiques de notre appartenance confessionnelle ?

Avec O. Abel

Chez Aristote, la justice précède les oeuvres. Chez Luther c'est l'inverse.

La volonté humaine n'est pas libre.
Laissés à nous-memes nous sommes contraints de faire le mal.

Quand l'esprit de Dieu est en nous, nous aimons le bien et faisons le bien.
Problème : comment dire que l'homme est responsable de ce qu'il fait.

Pour Luther, c'est la foi qui engendre l'amour.

L'Evangile suffit au salut.

La foi vient de l'ouïe, de la prédication. Elle est affermie par les oeuvres, qui ont donc une certaine utilité.

La foi est l'essence de la justice.

Notre foi ne dépend pas de nous, uniquement de Dieu.

Distinction entre Loi et Evangile. Promesse et commandements.

La Loi montre la nécessité du Christ. L'Homme désespère. Alors l'Evangile le console..

L'Evangile est promesse de salut.

Trois usages de la Loi :

L'épitre de Jacques est appelée "épitre de paille", car elle s'appuie sur les oeuvres.

Conscience

Dieu est le seul juge de la conscience.

Le Royaume de Dieu, et le Royaume du Monde

Le Royaume de Dieu comprend les vrais chrétiens. qui n'ont pas besoin de la Loi.
Le Royaume du monde comprend les non-chrétiens, qui restent sous la Loi.

Dans le spirituel : Dieu règne par la Parole et par l'Amour.
Dans le temporel, il règne par le glaive et empêche la violence.

Luther mène un combat anticlérical : l'Etat ne doit pas s'immiscer dans l'Eglise, et réciproquement.
Les chrétiens doivent respecter l'autorité temporelle, car elle sert aux faibles.

Le chrétien n'a pas le droit de se retirer du monde.
Il n'a pas le droit ni le pouvoir de changer de monde : c'est Dieu qui doit changer le monde.

(cf Eric Fuchs : l'éhique protestante)

L'éthique luthérienne appelle à la responsabilité, et à l'engagement.
Il faut obéir au pouvoir temporel, tout en protestant en cas de besoin, mais sans violence. (cf Bonnhofer sur la question des Juifs)

 

Olivier Abel

Calvin s'appuie sur Luther.
Il arrive après, en pleine crise spirituelle.

La morale calviniste :

 

Ethique de la liberté

(cf l'institution de la religion chrétienne) .la liberté face à l'ordre.

La liberté nous est donnée pour contenter notre prochain. Ethique de la responsabilité.Instruire le prochain.
Nourrir les Corinthiens de lait.
Une même morale pour tous, forts ou faibles.

Ethique de l'Evangile

Prédestination : nous ne connaissons pas notre condition. Elle appartient à Dieu. Notre conscience ne nous appartient pas.
On peut être responsable même s'il n'y a pas de règle. Tout est éthique.
Chez Calvin, il y a une éthique évangélique. Depuis Luther, il y a la Grâce, et puis on interprète sa vie, en rendant grâce, devant soi.

Luther a dit : NON il n'y a pas de morale évangélique.
Calvin dit : OUI il y a une morale évangélique, mais elle est métaphorique.

Ethique de la sobriété

Calvin se bat contre deux risques : le risque de la superstition et le riqsue de la convoitise
Faire une ascèse de l'imagination. Refuser la convoise.
Une société calviniste serait une société sans imaginaire, pour ne pas être emporté par de grandes passions;

 

Ethique de la cité

Calvin prêche à tout Genève, et au-delà au monde entier.
Il est juriste. Il rêve d'être législateur.
Conception légaliste de la théologie, tout en restant fidèle à Luther.
Plus proche de Machiavel que de Savonarole.

Il montre la positivité du lien social. C'est bien que les humains s'associent pour faire quelque chose ensemble.
Calvin autorise le divorce.

Risque d'utopie sectaire.

 

Conclusion

L'écart entre Luther et Calvin reste encore à cultiver.